Le prix de la recharge de gaz domestique connaît une forte hausse à Kankan, où plusieurs usagers affirment avoir dû payer entre 120 000 et 125 000 GNF, contre environ 60 000 GNF auparavant. La nouvelle tarification a été constatée lundi par des consommateurs venus récupérer ou remplir leurs bouteilles.
Les tarifs ne sont toutefois pas uniformes. Saran Doumbouya rapporte avoir trouvé une recharge à 120 000 GNF à l’usine, contre 125 000 GNF dans les points de recharge situés dans les quartiers.
Des ménages sous pression
Pour les familles, cette augmentation pèse directement sur les dépenses quotidiennes. Fatoumata Diawara, veuve et mère de famille, explique que le gaz représente une solution de remplacement au charbon, lui aussi devenu difficile d’accès.
« D’habitude, on le fait à 60 000, mais aujourd’hui, quand je suis venue, on me dit que c’est à 125 000. C’est très inquiétant », témoigne-t-elle. Elle ajoute que le prix désormais demandé dépasse les capacités de nombreux foyers : « Tout le monde ne pourra pas avoir ces 120 000 francs. Même moi qui parle là, mon mari est décédé et j’ai des enfants à nourrir. »
Selon elle, un sac de charbon se vend désormais à 80 000 GNF et ne permettrait pas de tenir une semaine. Des femmes expliquent également que le gaz leur est nécessaire pour préparer rapidement les repas avant de se rendre au marché.
Diakité Mouctar signale pour sa part une hausse encore plus marquée concernant les grosses bouteilles, dont la recharge serait passée de 130 000 à 250 000 GNF. « Vraiment, je veux que le gouvernement voie cela, sinon ce n’est pas bon pour nous, les citoyens », lance-t-il.
Une demande d’intervention
Saran Doumbouya dit avoir découvert la nouvelle tarification après avoir laissé sa bouteille pendant trois semaines. « Je suis venue aujourd’hui la prendre et on me dit que ce n’est plus à 60 000, mais maintenant à 125 000 », explique-t-elle.
Elle interpelle directement le président Mamadi Doumbouya et demande une baisse des prix. « Ce que je peux dire au gouvernement, c’est de nous aider à diminuer le prix et d’avoir pitié de nous, les femmes », déclare-t-elle.
Les consommateurs réclament plus largement une intervention des autorités pour réguler les tarifs et réduire la pression exercée sur les budgets familiaux. Ils redoutent une aggravation de la précarité énergétique alors que le gaz comme le charbon deviennent plus difficiles à obtenir.
Contacté au sujet de cette hausse, le responsable du service de remplissage de gaz de Kankan a refusé de s’exprimer, indiquant ne pas avoir reçu l’autorisation de sa hiérarchie. Les raisons exactes de l’augmentation n’ont pas été précisées.
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