À Forécariah, des acteurs culturels alertent sur le recul du Yankadi
À Forécariah, des acteurs culturels estiment que le Yankadi, les instruments traditionnels et les groupes qui animaient autrefois les cérémonies locales sont moins présents. Ils appellent à...
À Forécariah, des acteurs culturels s’inquiètent de l’évolution des pratiques culturelles et du recul présenté de certaines traditions locales. Dans cette préfecture située à environ 100 kilomètres de Conakry, les équipements modernes occuperaient une place de plus en plus importante lors des cérémonies familiales et des manifestations culturelles.
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Cette transformation des habitudes est particulièrement visible dans le domaine de la musique et de la danse. Les balafons, les tam-tams et les djembés seraient aujourd’hui moins présents qu’auparavant, tandis que les groupes traditionnels apparaissent moins fréquemment dans les rassemblements communautaires.
Des instruments traditionnels moins visibles
Fodé Marouf Sylla, animateur culturel à la Radio rurale de Forécariah, observe un changement dans l’animation des événements locaux. « Il est devenu rare de voir nos balafons, nos tam-tams et nos djembés. Pourtant, ce sont ces instruments qui font la richesse de l’Afrique, de la Guinée et de Forécariah », a-t-il déclaré.
Selon lui, les prestations des groupes traditionnels accompagnaient autrefois plusieurs moments importants de la vie sociale, notamment les baptêmes, les mariages et les travaux champêtres. Leur moindre visibilité alimente les préoccupations de ceux qui souhaitent préserver les formes d’expression héritées des générations précédentes.
Le Yankadi au cœur des préoccupations
La danse Yankadi est citée comme l’un des symboles de cette évolution. Autrefois très présente dans la vie culturelle locale, elle est désormais décrite comme une pratique en perte de vitesse. Les acteurs culturels estiment que la modernisation des modes de vie contribue à réduire la place accordée à cette danse et à d’autres expressions traditionnelles.
Elhadj Souleymane Camara, sage de la localité, résume cette inquiétude en ces termes : « Autrefois, chaque chose avait ses limites et ses règles. Aujourd’hui, nos valeurs traditionnelles sont en perte de vitesse ».
Ce constat est présenté dans un contexte plus large de mutations sociales et culturelles. Les équipements modernes ne sont pas rejetés dans leur principe, mais leur progression dans les cérémonies est perçue comme un facteur pouvant accélérer l’effacement de certaines pratiques ancestrales.
Un appel à transmettre aux jeunes
Face à cette situation, les acteurs culturels plaident pour une sensibilisation accrue des jeunes et pour une meilleure promotion des artistes locaux. Ils souhaitent également que les danses et les instruments traditionnels retrouvent une place plus importante dans les manifestations de Forécariah.
Aboubacar Camara, artiste traditionnel et joueur de kora, appelle à revitaliser cet héritage. « Nous souhaitons voir nos danses traditionnelles reprendre leur place, notamment le Yankadi. Nous voulons le retour et la valorisation de nos valeurs culturelles traditionnelles », a-t-il souligné.
Pour les intervenants, la préservation du patrimoine culturel passe ainsi par la transmission, la visibilité des artistes et la valorisation des pratiques locales, tout en tenant compte des changements liés à la modernité.
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