La constitution de la Fédération patronale des associations de presse privée de Guinée (FEPAP-GUI) ouvre un nouveau chapitre pour la structuration du secteur. Réunie en assemblée générale constitutive le jeudi 8 octobre, l’organisation a été invitée à placer les conditions de travail et le dialogue social au cœur de son action.
Table Of Content
Ramatoulaye Camara, secrétaire générale du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, a attiré l’attention sur la situation de certains professionnels des médias. Elle a relevé que des journalistes exercent encore dans des conditions précaires, parfois sans contrat de travail formalisé et avec une couverture sociale insuffisante.
Des obligations sociales à respecter
Pour la responsable gouvernementale, les contraintes économiques auxquelles sont confrontées les entreprises de presse ne dispensent pas les employeurs du respect de la législation du travail. Elle a rappelé que son département est chargé de veiller à l’application du Code du travail et qu’il mène des contrôles dans les différents secteurs.
Ramatoulaye Camara a notamment appelé les entreprises à déclarer leurs salariés et à procéder à leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Elle a également assuré que les journalistes employés dans les entreprises privées devraient bénéficier d’une protection sociale conforme aux exigences légales.
« La couverture sociale est une exigence du législateur », a-t-elle déclaré, en annonçant la volonté de son ministère de s’assurer que les professionnels concernés soient couverts.
Elle a aussi rappelé que les médias ne se résument pas à leur mission d’information. Derrière les rédactions, les studios et les reportages se trouvent des entreprises, des emplois et des travailleurs dont les droits doivent être protégés. Selon elle, la solidité économique des entreprises de presse et la dignité des conditions de travail constituent deux dimensions indissociables.
La convention collective au centre des discussions
La secrétaire générale a par ailleurs encouragé la reprise des efforts destinés à faire aboutir la convention collective des professionnels des médias. Des négociations entre les partenaires sociaux avaient déjà permis d’élaborer un projet, mais sa signature n’avait pas encore été conclue, notamment en raison de difficultés liées à l’organisation et à l’affiliation des structures patronales concernées.
La création de la FEPAP-GUI est ainsi présentée comme une possibilité de relancer le dialogue entre les employeurs et les travailleurs. Une organisation patronale représentative pourrait faciliter la concertation et contribuer à une négociation collective plus structurée.
Pour Ramatoulaye Camara, une convention collective permettrait de fixer des règles adaptées aux réalités du secteur, de mieux encadrer les relations professionnelles et de prévenir les conflits sociaux. Dans la presse guinéenne, cet instrument pourrait également contribuer à concilier la viabilité des entreprises avec l’amélioration des conditions de travail.
Un accompagnement annoncé
Le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale a indiqué qu’il restait disponible pour accompagner les partenaires sociaux. Cet appui pourrait être assuré par l’Inspection générale du travail et les services compétents, dans le respect de l’autonomie des acteurs et des réalités économiques des entreprises de presse.
L’engagement de la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI) en faveur de la structuration du secteur privé et de l’amélioration des relations professionnelles a également été salué.
En s’adressant aux futurs responsables de la FEPAP-GUI, Ramatoulaye Camara les a invités à faire de la fédération à la fois un cadre de défense des intérêts des entreprises et un instrument de progrès social pour les femmes et les hommes qui y travaillent.
Aucun commentaire ! Soyez le premier à commenter.