La Guinée met en place un nouveau dispositif destiné à renforcer la présence de l’État dans la chaîne aurifère et à accroître le rapatriement des recettes minières. Le mécanisme prévoit que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) puisse acheter directement, pour le compte de l’État, jusqu’à 30 % de l’or produit par les compagnies minières.
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Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a réuni le 1er octobre les sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles ainsi que la BCRG afin d’examiner les modalités de mise en œuvre de ce dispositif.
Des achats réglés en francs guinéens
Les acquisitions effectuées par la banque centrale devront être payées en francs guinéens. Les quantités achetées seront enregistrées dans le compte métal de la BCRG, selon les modalités présentées par le ministère des Mines et de la Géologie.
Les conditions commerciales, les procédures de paiement et les délais de livraison ne sont toutefois pas encore arrêtés. Une commission technique réunissant le ministère, la BCRG et les sociétés minières travaille actuellement sur ces différents points.
Le plafond de 30 % constitue une capacité maximale annoncée pour les achats de l’État. Les éléments disponibles ne précisent pas s’il doit être calculé pour chaque entreprise ou sur l’ensemble de la production aurifère nationale.
Le rapatriement des recettes au centre du dispositif
Bouna Sylla a également rappelé aux opérateurs miniers leur obligation de rapatrier au moins 50 % de leurs recettes d’exportation dans le système bancaire national. Le gouvernement envisage par ailleurs de porter ce taux à un niveau compris entre 60 % et 70 %. Cette hausse reste à ce stade une orientation envisagée et ne constitue pas une décision définitivement adoptée.
À travers ces mesures, les autorités souhaitent renforcer les réserves de change du pays et permettre à l’État de détenir directement une partie de sa production aurifère. La réforme s’inscrit dans la vision portée par le président Mamadi Doumbouya, qui présente le secteur minier comme un levier de souveraineté, de transparence et de prospérité partagée.
Le raffinage local annoncé prochainement
Le dispositif est également associé au développement de la transformation locale de l’or. La mise en service de la Nimba Gold Refinery est annoncée comme imminente. Cette installation doit permettre de raffiner et de titrer l’or en Guinée.
Sur ce point, le ministre des Mines et de la Géologie a déclaré : « La décision est prise, il n’y aura pas d’exportation de l’or non raffiné en Guinée. » La date exacte de démarrage de la raffinerie n’a pas été précisée.
La réforme intervient alors que la Guinée a produit plus de 2,2 millions d’onces d’or en 2025. En combinant les achats publics, le rapatriement accru des recettes et le raffinage sur le territoire national, les autorités entendent donner à cette production un rôle plus direct dans la consolidation financière et économique du pays.
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