Emprunt obligataire : le secteur bancaire appelé à amplifier la mobilisation de l’épargne guinéenne
Réunis le 7 octobre, les acteurs bancaires guinéens ont échangé avec la ministre de l’Économie sur l’emprunt obligataire de 2 500 milliards de francs guinéens. Les premières intentions de...
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a rencontré mercredi 7 octobre les principaux acteurs du secteur bancaire guinéen autour de l’emprunt obligataire de 2 500 milliards de francs guinéens lancé par l’État. La rencontre a porté sur la mobilisation des souscriptions et sur la contribution du secteur financier au financement de l’économie nationale.
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Le gouvernement a invité les banques, les compagnies d’assurance et les investisseurs institutionnels à accroître leur participation. La ministre a présenté les établissements financiers comme des partenaires de la transformation économique du pays, au-delà de leur rôle d’intermédiaires.
Des fonds destinés aux projets publics
Selon Mariama Ciré Sylla, les ressources mobilisées doivent financer des projets déjà inscrits dans la Loi de Finances. Les secteurs cités comprennent l’énergie, les infrastructures routières, les écoles et les centres de santé.
Le gouvernement a également annoncé une communication régulière sur l’utilisation des fonds, un calendrier d’émissions plus prévisible et le respect des échéances de remboursement. La ministre a affirmé que, depuis les premières émissions de titres d’État, chaque échéance avait été payée à la date prévue, sans incident à ce jour. Le président de l’Association professionnelle des banques a, de son côté, rappelé qu’aucun défaut n’aurait été enregistré sur les précédents titres émis par l’État guinéen. Ces déclarations restent attribuées à leurs auteurs.
L’emprunt est prévu sur une maturité de cinq ans, avec un taux annuel de 11 %. Le montant minimum de souscription est fixé à 5 millions de francs guinéens. Les titres sont dématérialisés et leur capital doit être amorti chaque année, avec le versement d’une partie du capital et des intérêts calculés sur le montant restant dû. Les responsables de l’opération les présentent par ailleurs comme exonérés d’impôts et de taxes.
Des intentions supérieures à la cible
Afriland First Bank, chef de file et arrangeur de l’opération, recueille les souscriptions avec six autres établissements : Ecobank, VistaGui, BCI, Orabank, FBNBank et Sky Bank. La période de souscription s’étend du 25 septembre au 23 octobre 2026. Les demandes peuvent être déposées dans toutes les banques, y compris lorsque le souscripteur n’est pas client de l’établissement concerné.
Mariama Ciré Sylla a indiqué que les premières intentions recueillies par le chef de file pourraient dépasser l’objectif de 2 500 milliards de francs guinéens, sous réserve de leur confirmation. Le directeur général d’Afriland First Bank, Dr Guy Laurent Fondjo, s’est montré plus ambitieux. Il a estimé que la cible était déjà acquise et que la banque réfléchissait à la possibilité de mobiliser le double de ce montant.
Pour illustrer cette progression, il a rappelé que les premières opérations citées remontaient à environ 500 milliards de francs guinéens en 2015. L’opération précédente avait un objectif de 1 500 milliards et aurait finalement permis de réunir 1 800 milliards, selon ses indications. Il a également évalué à environ 88 000 milliards de francs guinéens les dépôts bancaires en Guinée, considérant ce volume comme un potentiel important pour le financement domestique.
La BCRG insiste sur la stabilité financière
Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Karamo Kaba, a appelé à articuler la mobilisation des ressources publiques avec la gestion de la liquidité bancaire. Il a aussi insisté sur la nécessité de préserver le financement des entreprises et des ménages.
Il a identifié cinq priorités : renforcer la confiance, améliorer la coordination entre le Trésor et la Banque centrale, diversifier la base des investisseurs, accroître la liquidité des titres et veiller à la soutenabilité des émissions. Le Comité de politique monétaire a maintenu son taux directeur à 8,5 % et le coefficient des réserves obligatoires à 11,5 %.
Le gouverneur souhaite notamment une implication accrue des compagnies d’assurance, des caisses de retraite, des sociétés de gestion et, progressivement, des particuliers. L’objectif affiché par les autorités et les professionnels est de construire un marché des titres publics plus profond et durable, capable de financer l’économie tout en préservant la stabilité monétaire et financière.
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