Le Nigeria a lancé, le 31 août 2026, la campagne « Hire From Nigeria », une initiative destinée à mettre en relation ses professionnels et prestataires de services avec des employeurs internationaux. Le programme est piloté par Tech4Dev, organisation à but non lucratif spécialisée dans la formation numérique des populations défavorisées, et Univelcity, un institut technologique et d’intelligence artificielle basé à Lagos.
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La campagne cible notamment les travailleurs qualifiés, les spécialistes du numérique, les créatifs et les fournisseurs de services. Son ambition est de convertir l’élargissement du vivier de compétences nigérian en emplois liés à l’exportation de services, plutôt que de limiter les résultats au nombre de personnes formées.
Une stratégie centrée sur la demande des employeurs
Joel Ogunsola, cofondateur et président de Tech4Dev, explique que l’initiative doit commencer par l’identification des besoins des entreprises étrangères. Le consortium entend d’abord déterminer les compétences recherchées, les niveaux d’expérience requis et les conditions de travail avant de sélectionner les profils à proposer.
Cette approche répond à une difficulté signalée par Olisa Amadi, responsable de la communication stratégique du National Talent Export Programme (NATEP). Selon lui, les entreprises et les professionnels nigérians peinent souvent à identifier le marché visé, l’acheteur potentiel et les exigences professionnelles associées aux opportunités internationales.
La coalition prévoit de s’appuyer sur des centres de sous-traitance capables de fournir l’électricité, la connectivité, les équipements, la sécurité et l’encadrement nécessaires. Le modèle doit réduire la dépendance au travail exclusivement effectué à domicile. Les États disposant d’infrastructures adaptées seront prioritaires pour les engagements de sous-traitance.
Des objectifs importants, encore à concrétiser
Pour ses douze premiers mois, Hire From Nigeria vise au moins 50 000 emplois directs dans la sous-traitance et environ 8 000 placements par les voies légales de migration. À l’horizon 2030, l’initiative ambitionne de soutenir 150 000 emplois réalisés depuis le Nigeria et 50 000 emplois liés à la migration physique.
Ces objectifs s’inscrivent dans la cible plus large du NATEP, qui souhaite parvenir à un million d’emplois de services liés à l’exportation et à 10 milliards de dollars de valeur économique d’ici 2030. Les autorités nigérianes cherchent ainsi à mieux relier les politiques de développement des compétences aux marchés internationaux.
Jumoke Oduwole, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, a estimé lors du lancement que le défi consistait désormais à transformer les capacités disponibles en contrats, en organisant les filières de talents et en respectant les normes internationales de qualité, de fiabilité et de valeur.
Un vivier en expansion, mais une base encore limitée
Le Nigeria dispose déjà de plusieurs programmes de formation. Le programme 3 Million Technical Talent (3MTT) a enrôlé et déployé des centaines de milliers de bénéficiaires dans les 36 États du pays. Women Techsters affirme avoir formé plus de 100 000 femmes, tandis que Google Digital Skills for Africa indique avoir doté plus de cinq millions de jeunes Nigérians de compétences numériques fondamentales.
Malgré cette progression, Joel Ogunsola estime qu’environ 20 000 personnes seulement travaillent actuellement dans la sous-traitance internationale et les activités connexes au Nigeria, notamment le service client, le support technique, l’étiquetage de données et les opérations liées à l’intelligence artificielle.
À titre de comparaison, le secteur indien des technologies de l’information et de la sous-traitance emploie plus de 5,4 millions de personnes et génère plus de 245 milliards de dollars par an. Aux Philippines, l’industrie de la sous-traitance compte environ 1,7 million d’emplois et représente près de 8 % du produit intérieur brut. Au Costa Rica, les services à forte valeur ajoutée soutiennent plus de 100 000 emplois dans les services aux entreprises.
Vérification des profils et partenariats institutionnels
Hire From Nigeria prévoit également une plateforme centrale regroupant la vérification d’identité, les contrôles de sécurité, la validation des compétences et les profils des travailleurs. La coalition discute à ce titre de partenariats avec le ministère du Travail, le ministère de l’Intérieur et le Bureau du conseiller à la sécurité nationale.
La réussite du dispositif dépendra toutefois de la capacité à obtenir des contrats réguliers, à maintenir les travailleurs en emploi et à garantir des procédures de vérification fiables. Les éléments disponibles ne précisent pas encore le nombre de commandes déjà signées, les niveaux de rémunération ou le calendrier détaillé des placements.
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