L’Office central anti-drogue (OCAD) a présenté, mardi 6 octobre 2026 à Conakry, quatre personnes interpellées dans le cadre d’opérations visant des établissements associés à la consommation de chicha. Les interventions ont été conduites dans plusieurs quartiers de la capitale, à la suite d’instructions du procureur général près la Cour d’appel de Conakry.
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Au cours de cette opération, l’OCAD affirme avoir saisi 1 309 cartons de charbon de chicha et 168 accessoires. Du sirop de Théralène, des comprimés de Phénergan, de la bière et du tramadol ont également été présentés lors du point organisé au siège de l’office.
Une stratégie centrée sur les établissements
Le directeur général de l’OCAD, Abdoulaye Sangaré, a expliqué que son service entend cibler en priorité les lieux proposant de la chicha ainsi que les personnes qui les approvisionnent. Selon lui, l’objectif est de réduire l’accès à ces établissements plutôt que de concentrer les opérations sur les consommateurs eux-mêmes.
Il a précisé que les interventions sont préparées à partir d’informations recueillies par les services de l’office et peuvent être menées en situation de flagrance. Abdoulaye Sangaré a également annoncé un renforcement de la répression contre les chicha lounges, les bars et les boîtes de nuit concernés.
Le responsable de l’OCAD a par ailleurs soutenu que certains produits présentés pouvaient être mélangés à des arômes dans des chicha lounges pour en faire de la drogue. Cette affirmation, comme les autres éléments avancés sur la composition des mélanges, a été formulée par l’office et n’est pas accompagnée d’une vérification indépendante dans les éléments disponibles.
Des risques sanitaires mis en avant
Pour justifier cette campagne, Abdoulaye Sangaré a insisté sur les risques qu’il associe à la chicha. Il affirme qu’une séance pourrait correspondre à la consommation de 20 à 40 cigarettes et évoque la présence de substances toxiques, de goudron et de monoxyde de carbone. Il estime également que cette pratique peut affecter les poumons, les lèvres de la vessie et les voies aérodigestives.
Le directeur général de l’OCAD a déclaré que ces opérations intervenaient malgré des campagnes de sensibilisation menées dans les médias, les mosquées et les églises. L’office dit vouloir poursuivre à la fois la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, et les interventions contre les lieux concernés, en se référant aux articles 812 alinéa 3, 813 et suivants du Code pénal.
Les personnes interpellées contestent leur implication
Les quatre personnes présentées ont toutefois rejeté, à des degrés différents, toute implication dans la vente ou la gestion de la chicha.
Moussa Traoré a affirmé qu’il travaillait derrière le comptoir comme vendeur de boissons dans un bar au moment de son interpellation. Il assure ne pas avoir vendu ni détenu de chicha.
Thierno Amadou Diallo a déclaré être un simple employé à Foula Madina et non le gérant de l’établissement. Il nie également tout lien avec la vente de chicha.
Yamoussa Bangoura a, pour sa part, indiqué avoir été interpellé au Castel alors qu’il s’y était rendu pour consommer de l’alcool. Il affirme ne pas avoir su que la pratique visée faisait l’objet d’une interdiction.
À Sonfonia, Rawo Yombouno soutient que les équipements retrouvés dans une boîte n’étaient pas utilisés. Il affirme gérer la page de l’établissement sans en être le propriétaire, celui-ci résidant en Espagne selon son témoignage. D’après lui, les machines étaient emballées et la chicha n’était plus proposée depuis longtemps.
À ce stade, les suites judiciaires réservées aux quatre personnes interpellées et leur statut exact ne sont pas précisés.
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