À Banankoro, dans la préfecture de Kérouané, la raréfaction du diamant relance la réflexion sur l’avenir économique de la commune. Kèba Doumbouya, porte-parole du maire de la commune, appelle à mieux former les jeunes et à diversifier les activités afin de réduire la dépendance à l’exploitation minière.
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Située à 35 kilomètres du chef-lieu de la préfecture, Banankoro est présentée comme une importante zone diamantifère. L’exploitation de cette ressource a longtemps constitué le principal moteur économique local. Mais la baisse de la production et la raréfaction du diamant fragilisent désormais cette activité.
Des jeunes exposés aux risques miniers
Selon Kèba Doumbouya, des enfants et des jeunes sont éloignés de l’école pour participer aux travaux miniers. Cette situation les expose notamment aux accidents et aux éboulements, dans un contexte où les rendements de l’exploitation diminuent.
« La jeunesse, au lieu qu’elle soit à l’école, est utilisée par les familles dans l’exploitation des mines où elle est victime d’accidents, d’éboulements et, plus loin, de dépravation, dans une mine qui ne nourrit plus faute de production rare », a-t-il déclaré.
Pour le porte-parole du maire, cette situation impose de préparer dès maintenant l’après-diamant. Il propose une politique de formation et de réorientation vers des filières jugées porteuses, notamment l’agriculture, l’élevage, la pisciculture, la saponification et la teinture.
Encourager les activités génératrices de revenus
La diversification souhaitée doit aussi passer par un accompagnement concret des initiatives locales. Kèba Doumbouya demande le soutien aux projets des jeunes et des femmes, en lien avec leur formation, afin de favoriser le développement d’activités génératrices de revenus.
Il préconise également l’équipement informatique de la maison des jeunes. Cette infrastructure pourrait contribuer à renforcer l’accès aux outils numériques et à soutenir les actions de formation dans la commune.
« Il nous faut donc une nouvelle politique de rééducation de cette jeunesse, en envisageant, pour l’après-diamant, de nous orienter dans les filières porteuses telles que l’agriculture, l’élevage, la pisciculture, la saponification et la teinture qui peuvent être possibles dans la restauration de l’écosystème », a-t-il souligné.
Des besoins importants en infrastructures
Les difficultés de Banankoro ne concernent pas uniquement l’activité minière. La commune fait également face à des problèmes liés aux routes, à l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à l’environnement. Le secteur sanitaire souffre notamment d’un manque de personnel qualifié et d’équipements adéquats.
Kèba Doumbouya associe par ailleurs l’exploitation du diamant, la carbonisation et la déforestation à l’appauvrissement des sols ainsi qu’à la dégradation de la faune, de la flore et des cours d’eau.
Sur le plan administratif, il demande la construction d’une salle de sous-préfecture et la restauration de celle de Gbènko. Ces revendications s’ajoutent aux besoins exprimés pour améliorer les services de base et réduire les difficultés d’accès auxquelles la commune est confrontée.
À travers ces propositions, les autorités communales souhaitent faire évoluer Banankoro d’un territoire fortement dépendant du diamant vers une économie davantage fondée sur la formation, l’initiative locale et la pluralité des activités.
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