La gestion des ordures ménagères demeure un défi important à Conakry. Sur les grandes artères, les autorités renforcent la lutte contre les dépôts sauvages, tandis que des habitants de plusieurs quartiers dénoncent les passages irréguliers de certaines petites et moyennes entreprises (PME) chargées de la collecte à domicile.
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Un citoyen surpris en train de jeter ses déchets sur la chaussée ou dans un espace interdit peut être interpellé et sanctionné par une amende. Des camions enlèvent par ailleurs les ordures déposées en bordure de certaines grandes voies. Mais dans des zones résidentielles, plusieurs ménages affirment attendre parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le passage de leur collecteur.
Des ménages contraints de payer à nouveau
À Kobaya, Aïssatou Camara explique que l’abonnement ne garantit pas toujours, selon elle, une évacuation régulière des déchets.
« Nous payons pour la collecte, mais parfois la PME ne passe pas pendant plusieurs jours. Les ordures restent devant la maison et finissent par s’accumuler », témoigne-t-elle.
À Kipé, Fatoumata Diallo affirme que certains habitants doivent chercher une solution de remplacement lorsque l’entreprise attendue ne se présente pas. « Quand la PME ne vient pas, nous sommes obligés de chercher quelqu’un pour prendre les ordures. Pourtant, nous avons déjà payé pour ce service », déclare-t-elle.
Cette situation conduit des ménages à solliciter des jeunes du quartier et à leur verser un paiement supplémentaire pour évacuer leurs déchets. Ibrahima Sylla, qui intervient ponctuellement dans son secteur, affirme que les demandes augmentent lorsque les PME ne passent pas régulièrement.
« Les habitants nous appellent parce qu’ils ne peuvent pas garder leurs ordures indéfiniment devant leurs maisons. Ils veulent simplement s’en débarrasser », explique-t-il.
Le risque de déplacement des déchets vers les grands axes
À Sonfonia, Mamadou Bah estime que l’accumulation prolongée peut pousser certains habitants à déplacer leurs déchets vers des endroits où ils espèrent le passage d’un camion.
« Quand les ordures restent longtemps devant les concessions, certaines personnes finissent par les sortir et les déposer là où elles pensent qu’un camion passera. Ce n’est pas une bonne solution, mais il faut aussi se demander pourquoi elles en arrivent là », observe-t-il.
Ce témoignage évoque une possibilité, sans établir que les habitants déplacent effectivement leurs déchets vers les grandes artères. Il illustre toutefois la tension entre l’interdiction des dépôts sauvages et les difficultés signalées dans certains quartiers.
Un contrôle demandé sur les engagements des PME
Les habitants interrogés ne contestent pas la nécessité de préserver les rues et les grands axes. Ils demandent cependant que la lutte contre les dépôts sauvages soit accompagnée d’un service de collecte régulier dans les quartiers.
« On nous demande de ne pas jeter les ordures dans la rue, ce que nous comprenons. Mais lorsque la PME ne passe pas pendant plusieurs jours, il faut aussi nous donner une solution », indiquent plusieurs habitants.
Ils souhaitent que les itinéraires, la fréquence des passages et la qualité du service fassent l’objet d’un suivi régulier. Certains demandent également à savoir quelles mesures peuvent être prises lorsqu’une PME ne respecte pas ses obligations.
La collecte repose ainsi sur plusieurs responsabilités : le respect des règles par les citoyens, l’exécution effective du service par les entreprises et le contrôle de leurs engagements par les autorités. Pour les ménages abonnés, l’enjeu est d’éviter de supporter une seconde fois le coût d’une prestation qui n’aurait pas été assurée.
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