Au moins 150 000 personnes ont quitté leur domicile au Yémen depuis la reprise des combats, selon les Nations unies. Les affrontements ont également fait des centaines de morts, dans un pays déjà marqué par plus d’une décennie de conflit et par un effondrement économique.
L’escalade concerne notamment la côte ouest du pays, jusqu’au détroit de Bab el-Mandeb. Au cours des dernières semaines, les combattants houthis soutenus par l’Iran ont progressé rapidement dans cette zone et se sont affrontés aux forces du gouvernement yéménite appuyées par l’Arabie saoudite.
À Hays, des familles fuient sous les bombardements
Dans la ville de Hays, des habitants déplacés ont décrit des tirs de mortier et des bombardements. Un homme utilisant le nom d’Abu Walid, qui n’a pas souhaité communiquer sa véritable identité pour protéger sa famille, affirme que son domicile a été attaqué vers 18 heures.
« Nous avons été attaqués par les Houthis et nous avons quitté notre maison avec les seuls vêtements que nous portions », a-t-il témoigné. Il raconte avoir demandé à sa famille de partir alors que les enfants et leur mère ne comprenaient pas encore ce qui se passait. Selon lui, un obus de mortier est tombé à proximité immédiate de la porte de leur maison.
Abu Walid affirme également que les Houthis ont pris le contrôle de Hays. Cette déclaration, rapportée dans son témoignage, n’est pas présentée comme ayant été vérifiée indépendamment.
Une autre femme déplacée de Hays, dont l’identité n’a pas été précisée, dit avoir fui avec ses enfants sans documents d’identité ni passeports. « Je ne sais pas où nous allons ni vers qui nous tourner », explique-t-elle.
Elle ajoute que ses enfants ne vont plus à l’école et demande l’aide des organisations humanitaires. Parmi les besoins cités figurent des logements, des établissements scolaires et des hôpitaux.
Une aide confrontée aux difficultés d’accès
Dans les sites d’accueil, des familles et des enfants vivent sous des tentes. Les personnes déplacées font la queue pour s’enregistrer et recevoir une assistance.
Le mécanisme de réponse rapide du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) indique fournir des articles ménagers courants et soutenir les femmes, les familles et les enfants pendant leurs cinq premiers jours de déplacement.
Francesco Gualtieri, représentant de l’UNFPA au Yémen, souligne toutefois que l’accès aux populations installées dans les zones où la sécurité est très faible est devenu particulièrement difficile. Les autorités, les prestataires de services et les organisations humanitaires rencontrent tous des obstacles pour atteindre ces communautés.
Avant cette nouvelle escalade, plus de 5,2 millions de personnes étaient déjà déplacées à l’intérieur du Yémen. L’arrivée de dizaines de milliers de nouveaux déplacés accroît ainsi la pression sur les dispositifs d’aide et sur les familles qui tentent de trouver un abri dans un contexte de conflit prolongé.
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