Le Sénégal prépare les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, prévus en 2026 et présentés comme le premier événement olympique organisé sur le continent africain. Mais à l’approche de la compétition, les retombées sociales et économiques des préparatifs alimentent le débat, dans un pays confronté à la hausse du coût de la vie et à une situation financière difficile.
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Les Jeux réunissent environ 2 700 athlètes à Dakar et dans des villes voisines. Ils doivent se poursuivre jusqu’au 13 novembre. Pour les autorités sénégalaises et les responsables olympiques, l’événement peut offrir des perspectives à la jeunesse grâce notamment à une académie d’apprentissage et à un programme de volontariat.
Des artisans déplacés par les travaux
Dans le quartier populaire de Medina, à Dakar, Mamadou Wadji a repris l’atelier de cordonnerie hérité de son père. Il affirme avoir été expulsé de son local en septembre afin de permettre l’agrandissement d’un stade lié aux Jeux olympiques de la jeunesse de 2026.
Wadji explique que lui et d’autres artisans ont été installés dans une école inachevée située derrière un marché du quartier. Il estime que les travailleurs du secteur informel auraient dû être parmi les premiers bénéficiaires de l’événement. « Nous, la population en général, et particulièrement ceux d’entre nous qui travaillent dans le secteur informel, aurions dû être les premiers à en bénéficier. Malheureusement, cela n’a pas été le cas », a-t-il déclaré.
Le cas de cet artisan illustre les préoccupations exprimées par certains habitants au sujet des préparatifs. Les conséquences exactes sur l’ensemble des artisans concernés ne sont toutefois pas établies dans les éléments disponibles.
Une jeunesse confrontée à la pression économique
La question des Jeux intervient alors que de nombreux jeunes Sénégalais cherchent avant tout à disposer de revenus suffisants pour vivre. Selon l’Agence nationale de la statistique du Sénégal, près de 75 % de la population a moins de 35 ans. Le chômage des jeunes est estimé à environ 23 %, tandis que la plupart de ceux qui travaillent exercent dans le secteur informel.
La crise de la dette réduit par ailleurs les marges financières disponibles pour aider les familles confrontées à l’augmentation des dépenses courantes. Cette situation renforce les interrogations sur les priorités budgétaires du pays.
Le gouvernement sénégalais a prévu 36 milliards de francs CFA, soit environ 60 millions de dollars, pour l’organisation des Jeux. Cette enveloppe comprend 11,3 milliards de francs CFA, équivalant à près de 19 millions de dollars, destinés à la rénovation des infrastructures sportives.
Le choix des dépenses contesté
Momar Assane Diouf, entrepreneur âgé de 33 ans, estime que ces dépenses auraient pu être affectées à des mesures destinées à réduire le coût de la vie ou à renforcer le pouvoir d’achat. Il juge que ces engagements financiers ne constituent pas une priorité pour la population dans le contexte actuel.
Le débat oppose ainsi deux visions. D’un côté, les autorités et les responsables olympiques mettent en avant l’héritage attendu pour les jeunes, la formation et le volontariat. De l’autre, des habitants et des acteurs économiques s’interrogent sur les effets concrets de l’événement, notamment pour les travailleurs dont l’activité a été perturbée et pour les familles confrontées à la hausse des prix.
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