La République centrafricaine a intensifié les contrôles sanitaires le long de sa frontière fluviale avec la République démocratique du Congo, alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser en RDC. À Bangui, le poste de M’Poko Bac applique une procédure systématique aux voyageurs qui franchissent l’Oubangui.
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Le contexte régional demeure préoccupant. Le nombre de cas d’Ebola en République démocratique du Congo est présenté comme supérieur à 10 000. Plusieurs cas ont également été signalés au Kenya et un cas au Nigeria, tandis que la RDC reste décrite comme l’épicentre de l’épidémie.
Un contrôle effectué à chaque traversée
À M’Poko Bac, les passagers arrivant en pirogue sont débarqués individuellement. Ils sont d’abord orientés vers un point de lavage des mains, puis informés de la situation sanitaire. Ils rejoignent ensuite une tente où sont réalisés la prise de température et l’enregistrement.
Maldiana Bagalama, chargée du dépistage sanitaire au poste, explique que les voyageurs sont guidés à chaque étape du dispositif. Les agents veillent notamment à ce que les personnes débarquées passent par le lavage des mains avant de poursuivre le contrôle.
Le dispositif concerne aussi les départs. Le docteur Valentin Nebanga, responsable du département de la promotion de la santé au ministère de la Santé, affirme que tous les passagers, à l’arrivée comme au départ, sont systématiquement contrôlés par des agents de santé communautaires.
Les points d’entrée disposent par ailleurs de personnels relevant de plusieurs services : agents de santé, Département des Eaux et Forêts, Douanes, Protection civile et Forces de sécurité intérieure. Cette mobilisation vise à renforcer la surveillance sur une frontière de plus de 1 500 kilomètres, décrite comme poreuse et largement dépourvue de surveillance.
Une frontière traversée par les personnes et les marchandises
Les autorités centrafricaines expliquent l’importance des contrôles par l’intensité des échanges entre les deux rives. Les mêmes communautés vivent de part et d’autre de la frontière, ce qui favorise les déplacements de personnes et la circulation des marchandises.
Sur l’Oubangui, la pêche, le transport en pirogue et la vente de poisson se poursuivent malgré les inquiétudes liées au virus. Ces activités constituent une source de revenus pour de nombreux habitants, qui ne peuvent pas toujours éviter les déplacements entre les deux pays.
Neige, vendeuse de poisson et mère de trois enfants, dit craindre d’être exposée en travaillant au bord du fleuve. Elle appelle le ministère de la Santé à renforcer davantage les précautions. Foxy Yeti Nzapa, transporteur de passagers en pirogue et père de deux enfants, souligne pour sa part qu’il assure les liaisons entre les deux pays sans protection et redoute lui aussi une contamination.
La sensibilisation au cœur de la prévention
En parallèle du dépistage, des campagnes de sensibilisation aux mesures de prévention sont menées dans les zones concernées. Des chefs de quartier, des responsables communautaires et des responsables religieux participent à la diffusion des consignes sanitaires.
Le docteur Nebanga indique qu’aucun cas d’Ebola n’avait été signalé en République centrafricaine au moment du reportage. Il estime toutefois que la préparation repose aussi sur la capacité à maintenir l’engagement du public et à lui faire comprendre l’importance des mesures de protection.
Malgré les contrôles renforcés, le responsable reconnaît que les autorités ne sont jamais totalement préparées face à une telle menace. La durée et l’étendue futures des mesures appliquées aux points d’entrée ne sont pas précisées.
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