Un essai clinique consacré à la vaccination contre Ebola a débuté à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo. L’annonce a été faite par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors que le pays fait face à une épidémie attribuée au virus de l’espèce Bundibugyo.
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Des participants ont déjà reçu le vaccin Ervebo dans le cadre de cette étude. Approuvé contre la souche Zaïre du virus Ebola, ce vaccin sera notamment évalué afin de déterminer s’il peut offrir une protection contre le virus Bundibugyo. L’existence d’une éventuelle protection croisée doit encore être établie par les résultats de l’essai.
Une étude menée selon une stratégie en anneau
Baptisé Tumaini, l’essai a été conçu comme un cadre commun permettant d’examiner la sécurité, l’efficacité et la capacité de plusieurs vaccins à provoquer une réponse immunitaire. Il reposera sur une stratégie de vaccination en anneau, qui consiste à cibler les personnes ayant été en contact avec des cas ou considérées comme présentant un risque élevé d’infection.
Deux autres vaccins, conçus spécifiquement contre le virus Bundibugyo, doivent être intégrés à l’étude. Le premier est un candidat à vecteur adénoviral ChAdOx1 développé par l’Université d’Oxford. Le second repose sur la technologie de l’ARN messager et est développé par Moderna.
Ces deux candidats ont bénéficié d’un financement de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI). L’organisation a indiqué qu’ils devraient rejoindre l’essai prochainement, sans préciser la date exacte de leur intégration.
Des populations souvent écartées des essais
Le protocole prévoit également la participation de femmes enceintes et d’enfants âgés de 12 ans et plus. Ces groupes sont souvent exclus des essais cliniques, ce qui limite les données disponibles sur leur protection lors des épidémies. Leur inclusion doit contribuer à produire des informations utiles pour les personnes exposées au virus dans différents contextes.
Chikwe Ihekweazu, directeur des urgences de l’OMS, a expliqué que l’étude avait été mise en place pour recueillir les données rigoureuses nécessaires et déterminer si les vaccins évalués peuvent protéger les personnes exposées au risque.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pour sa part indiqué que l’essai devait permettre de vérifier si les candidats conçus contre le virus Bundibugyo sont efficaces. Il a également souligné le soutien de l’organisation à l’initiative conduite par les autorités de la RDC.
Une épidémie d’une ampleur exceptionnelle
L’épidémie actuelle est présentée comme la 17e déclarée par la République démocratique du Congo et la plus grave jamais enregistrée dans le pays. Plus de 9 700 cas et plus de 4 600 décès ont été signalés depuis son début.
La maladie a également été signalée dans quatre pays d’Afrique orientale, centrale et occidentale. Cette extension géographique est décrite comme la plus vaste jamais observée pour une épidémie d’Ebola sur le continent africain.
Face à cette situation, l’OMS a déclenché une urgence de santé publique de portée internationale. Le lancement de l’essai à Bunia doit ainsi fournir des éléments scientifiques pour guider la réponse à l’épidémie et améliorer la protection des personnes exposées au virus Bundibugyo.
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