Deux affaires antidopage ont connu des issues opposées dans l’athlétisme. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a accepté l’appel du marcheur japonais Koki Ikeda contre World Athletics et annulé la suspension de quatre ans qui lui avait été infligée. L’athlète de 28 ans est désormais immédiatement éligible à la compétition.
Dans un dossier distinct, l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) a annoncé une suspension de six ans contre la marathonienne éthiopienne Ruti Aga, pour présence ou usage de méthylprednisolone ainsi que pour falsification d’éléments au cours de l’enquête.
Le dossier d’Ikeda renvoyé devant le TAS
Koki Ikeda avait été suspendu provisoirement en novembre 2024. En février 2025, l’AIU lui avait ensuite imposé une sanction de quatre ans pour utilisation ou tentative d’utilisation d’une substance interdite. World Athletics fondait son dossier sur des anomalies relevées dans le passeport biologique de l’athlète, qu’elle avait associées à une manipulation sanguine.
Ikeda avait contesté cette décision devant le TAS en mars 2025. Une formation réunie à Lausanne en mai a reconnu l’existence d’anomalies dans plusieurs relevés de son profil biologique. Elle a toutefois considéré qu’une explication raisonnable, indépendante du dopage, pouvait rendre compte de ces variations.
Le tribunal a également relevé que le marcheur avait présenté des éléments médicaux et des expertises plus substantiels que ceux disponibles lors de la procédure initiale devant l’instance de World Athletics. Au terme de son examen, le TAS a conclu que la violation des règles antidopage n’était pas établie. La sanction de quatre ans a donc été annulée et aucune interdiction ne doit s’appliquer à Ikeda.
Les résultats obtenus par le Japonais entre le 20 juin 2023 et le 1er novembre 2024 restent toutefois disqualifiés. Médaillé d’argent du 20 kilomètres aux Jeux de Tokyo, Ikeda avait également terminé deuxième aux Championnats du monde d’Eugene en 2022 et septième aux Jeux olympiques de Paris 2024.
Six ans de suspension pour Ruti Aga
L’AIU a, de son côté, annoncé une interdiction de six ans visant Ruti Aga, âgée de 32 ans. La première partie de la sanction, d’une durée de deux ans, est liée à un contrôle positif à la méthylprednisolone, un stéroïde interdit. Quatre années supplémentaires ont été ajoutées en raison de son comportement durant l’enquête.
L’instance d’intégrité affirme que la marathonienne a induit les enquêteurs en erreur lors d’un entretien et a fourni une fausse prescription pour justifier l’utilisation de la substance. Aga est provisoirement suspendue depuis le 10 septembre, date retenue comme point de départ de la sanction.
Vainqueure du marathon de Tokyo en 2019, l’Éthiopienne a aussi terminé trois fois deuxième et deux fois troisième dans des épreuves des World Marathon Majors. Les deux décisions illustrent ainsi des conclusions distinctes dans des procédures antidopage : annulation d’une sanction faute de preuve suffisante dans le cas d’Ikeda, et lourde suspension confirmée par l’AIU dans celui d’Aga.
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