Le général Horta N’tam, à la tête de la junte militaire en Guinée-Bissau, a relevé de ses fonctions le lieutenant-général Sadji Fati, qui dirigeait le bureau civil de la présidence au palais. La décision figure dans un décret prenant effet immédiatement.
Ancien ministre de la Défense et conseiller militaire d’Umaro Sissoco Embaló, Sadji Fati fait partie des responsables associés à l’ancien président, renversé par l’armée. Le décret ne précise pas les raisons de son limogeage.
Une série de changements dans l’appareil d’État
Cette éviction intervient alors que la junte procède à plusieurs remaniements parmi les responsables de la défense et des services de sécurité ayant servi sous Umaro Sissoco Embaló. Une grande partie des membres de sa garde présidentielle ainsi que plusieurs officiers considérés comme proches de lui sont progressivement écartés des postes d’influence.
Le général Mama Saliu Embaló, qui occupait le portefeuille de l’Intérieur, et Maria Da Cruz Correia, ancienne ministre de la Pêche, ont également été récemment congédiés par les autorités militaires.
Ces décisions traduisent un éloignement croissant de la junte vis-à-vis de l’ancien président. Umaro Sissoco Embaló a été chassé du pouvoir et se trouve désormais en exil au Maroc. Certains observateurs avaient soupçonné qu’il puisse avoir lui-même orchestré le coup d’État afin d’interrompre un scrutin qu’il semblait devoir perdre. Cette hypothèse demeure présentée comme une suspicion et non comme un fait établi.
Le calendrier électoral toujours incertain
Arrivée au pouvoir le 26 novembre, un jour avant l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, l’armée a suspendu le processus électoral. La junte affirme vouloir organiser de nouveaux scrutins le 6 décembre afin de permettre un retour à un régime civil.
La tenue de ces élections reste toutefois incertaine. La Commission électorale nationale a déclaré récemment que les conditions nécessaires n’étaient pas réunies pour organiser le vote. De son côté, Umaro Sissoco Embaló a fait savoir qu’il comptait se présenter de nouveau à l’élection présidentielle.
Le limogeage de Sadji Fati intervient ainsi dans un contexte de réorganisation de l’appareil sécuritaire et politique, alors que les autorités militaires doivent encore clarifier les conditions et le calendrier d’une éventuelle transition vers un pouvoir civil.
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