À Conakry, la Guinée renforce la protection des créateurs face à l’IA
Clôturée le 9 octobre à Conakry, une formation soutenue par la CISAC a porté sur la modernisation du BGDA et la rémunération des créateurs à l’ère de l’intelligence artificielle.
Une formation consacrée aux droits d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle s’est achevée dans la soirée du vendredi 9 octobre 2026 à Conakry. Organisée durant quatre jours par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, à travers le Fonds de développement des arts et de la culture (FODAC) et le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), elle a bénéficié de la collaboration de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC).
La rencontre visait à renforcer les compétences des cadres du BGDA, des créateurs, des utilisateurs d’œuvres artistiques, des représentants du gouvernement, des producteurs et des labels. Les échanges ont porté sur la protection des œuvres, la reconnaissance du travail des auteurs et la gestion des droits dans un environnement marqué par le développement rapide des outils d’intelligence artificielle.
La documentation au cœur de la rémunération
Samuel Sangwa, directeur régional Afrique de la CISAC et formateur, a présenté la transformation du BGDA comme l’un des objectifs majeurs de ces journées. Il a évoqué une mise en conformité avec les normes internationales de gestion collective, notamment pour la documentation des œuvres, la perception et la répartition des droits.
Selon lui, l’identification des auteurs et le recensement de leurs créations sont indispensables pour assurer leur rémunération lorsque leurs œuvres sont exploitées en Guinée ou à l’étranger, y compris sur les plateformes numériques. Cette démarche doit également permettre aux différents acteurs de mieux comprendre les principes du droit d’auteur et la valeur économique liée à la traçabilité des œuvres.
Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a insisté sur les conditions nécessaires pour que la popularité numérique profite réellement aux créateurs. Il a estimé que le nombre de vues sur YouTube et sur les plateformes de diffusion monétisées ne peut produire des revenus concrets qu’après la réalisation de plusieurs étapes préalables liées à l’identification et à la gestion des droits.
Les risques liés à l’intelligence artificielle générative
Présentant le rapport final au nom des participants, Moussa M’Baye a reconnu que l’intelligence artificielle générative ouvre de nouvelles possibilités pour la création, l’innovation et la diffusion des cultures. Il a toutefois relevé des interrogations concernant l’utilisation des œuvres, la rémunération des créateurs, l’avenir des métiers artistiques et la souveraineté culturelle.
Les participants ont notamment alerté sur les risques liés à l’utilisation massive de créations et de ressources culturelles pour entraîner des systèmes d’intelligence artificielle sans transparence, autorisation ni partage équitable de la valeur produite. À leurs yeux, une telle situation pourrait favoriser de nouvelles formes de captation économique et fragiliser davantage les créateurs.
Moussa Moïse Sylla a également présenté la protection des ressources culturelles et intellectuelles comme un enjeu lié à l’identité guinéenne. Il a annoncé que la Déclaration de Conakry serait portée devant le Conseil interministériel afin de faire mieux comprendre l’importance de l’application des règles relatives aux droits d’auteur. Le ministre a assuré que la protection des œuvres devait devenir une réalité.
Dans leur rapport, les participants ont enfin souligné que les industries culturelles et créatives peuvent contribuer à l’entrepreneuriat, à la diversification économique et au rayonnement international de la Guinée.
Aucun commentaire ! Soyez le premier à commenter.