La Fédération patronale des associations de presse de Guinée (FEPAP-GUI) a tenu son Assemblée générale constitutive jeudi 9 octobre. À cette occasion, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a salué la création de cette structure et appelé les acteurs des médias à contribuer à l’assainissement de la profession.
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Dans son intervention, il a notamment invité le Syndicat de la presse professionnelle de Guinée (SPPG) à exercer un contrôle rigoureux sur le statut des professionnels du secteur. Le renouvellement des instances du syndicat a également été évoqué dans le cadre de sa future relation avec la fédération patronale.
Clarifier le statut des professionnels
Boubacar Yacine Diallo a estimé que la confusion entre les fonctions de patron et de salarié constituait l’un des problèmes de la presse guinéenne. « Je voudrais simplement demander au syndicat de veiller à ce que ses travailleurs ne cherchent pas à être à la fois patron et employé », a-t-il déclaré.
Le président de la HAC a par ailleurs affirmé que l’institution menait une lutte soutenue contre certains responsables de médias qu’il décrit comme très endettés ou dépourvus de ressources suffisantes pour diriger une entreprise de presse. Il a attribué l’expression « petits patrons très endettés » à Sannou Kerfalla Cissé.
Cette appréciation relève de la position exprimée par le président de la HAC. Il a néanmoins appelé les futurs dirigeants de la FEPAP-GUI et les responsables syndicaux à l’accompagner dans la moralisation du secteur, en excluant toute complaisance dans l’encadrement de la profession.
L’exemple d’une Web TV sanctionnée
Pour illustrer les difficultés liées à la création et à la gestion des médias, Boubacar Yacine Diallo a relaté le cas d’un promoteur d’une Web TV sanctionnée par la HAC. Selon son récit, celui-ci serait venu avec un cahier des charges obtenu auprès du ministère de la Communication, en pensant que le document lui donnait l’autorisation de créer un média.
Le président de la HAC a expliqué avoir examiné avec lui les exigences prévues, notamment sur les programmes et les aspects techniques. Il a cité un article faisant état de 4 milliards de francs guinéens pour diriger un média audiovisuel. Dans l’anecdote rapportée, le promoteur aurait finalement renoncé à son projet après cet échange. La nature et la date de la sanction visant cette Web TV n’ont pas été précisées.
Responsabilité et crédibilité de la presse
Boubacar Yacine Diallo a également dénoncé ce qu’il considère comme une multiplication de médias créés avec des moyens limités, notamment grâce à un téléphone et à une connexion internet. « Ce désordre doit s’arrêter. Il ne doit pas y avoir de complaisance », a-t-il insisté.
Tout en rappelant que la presse défend les citoyens et les différentes composantes de la société, il a regretté qu’elle peine à défendre ses propres intérêts. Il a appelé les patrons, le syndicat et les journalistes à mieux valoriser les événements et les enjeux liés à leur profession.
Le président de la HAC a enfin rappelé que la liberté d’expression des journalistes devait s’accompagner de responsabilité, de discernement et de retenue. Il a exhorté les professionnels à faire preuve de modestie et de discrétion, tout en restant exigeants et fermes face à l’actualité.
Se présentant comme l’un des doyens de la presse, Boubacar Yacine Diallo a dit voir dans la naissance de la FEPAP-GUI un signe d’espoir pour l’avenir du secteur.
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