La cinquième édition du UK–Francophone West & Central Africa Forum (WCAF V) a servi de cadre à la présentation des besoins de la Guinée dans le secteur de l’eau potable. Le directeur général du Service national d’aménagement des points d’eau (SNAPE), Aladji Fodé Kaba, y a mis en avant les possibilités d’investissement et de partenariat pour renforcer les infrastructures hydrauliques du pays.
Selon lui, le forum constitue une plateforme permettant de nouer des contacts avec des investisseurs internationaux et de mobiliser des financements en faveur des zones rurales et semi-urbaines. « Le WCAF est une opportunité, parce que c’est une vitrine », a-t-il déclaré, en soulignant la présence d’acteurs venus examiner les opportunités offertes par la Guinée.
Passer des forages aux grandes adductions
Aladji Fodé Kaba a plaidé pour une évolution du modèle d’approvisionnement en eau. Les investissements recherchés devraient permettre de dépasser une approche reposant principalement sur les forages et de développer de grandes adductions capables de desservir plusieurs localités.
« Avec ces investissements, nous ne nous limitons plus aux forages : nous allons réaliser de grandes adductions d’eau potable », a-t-il expliqué. Des systèmes de ce type sont présentés comme déjà expérimentés à Koma, dans la préfecture de Kankan, ainsi qu’à Timbi-Madina.
Le directeur général du SNAPE a également cité Aqua Africa, une entreprise britannique qu’il présente comme disposant d’une expérience dans le domaine de l’hydraulique villageoise. Il a par ailleurs évoqué un financement dénommé « High-Tech », dont le montant dépasserait un milliard d’euros. Les modalités et le calendrier de mobilisation de ces ressources n’ont toutefois pas été précisés.
Des branchements pour rapprocher l’eau des ménages
Les orientations évoquées incluent aussi la mise en place de branchements domestiques équipés de compteurs. Ces installations pourraient rapprocher l’eau potable des ménages tout en facilitant le suivi de la consommation.
La question de l’entretien reste déterminante pour assurer la pérennité des infrastructures, a rappelé Aladji Fodé Kaba. Les besoins, a-t-il indiqué, concernent l’ensemble des principales régions naturelles du pays : la Guinée forestière, la Haute-Guinée, la Moyenne-Guinée et la Basse-Guinée.
Pour illustrer l’urgence de ces investissements, le responsable a évoqué le cas de trois personnes d’une même famille qui auraient perdu la vie en allant chercher de l’eau en Guinée forestière. « Une telle situation est inacceptable au XXIe siècle », a-t-il réagi.
Aladji Fodé Kaba estime que la réalisation de l’ensemble des projets envisagés pourrait réduire fortement les difficultés d’accès à l’eau dans les zones rurales et semi-urbaines. Le WCAF V est consacré au dialogue économique, au commerce, à l’investissement et au financement du développement entre le Royaume-Uni et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
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