La préfecture de Coyah, intégrée au sous-ensemble géodynamique du Grand Conakry, fait face à plusieurs vulnérabilités environnementales. Inondations récurrentes, érosion torrentielle, éboulements et glissements de terrain menacent les populations et les infrastructures, avec des pertes humaines, matérielles et financières importantes signalées lors des épisodes de crue.
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Dans un entretien, l’ingénieur géologue et consultant environnemental Elhadj Mamoudou Diawara a présenté son diagnostic sur l’évolution de ces risques et formulé plusieurs pistes de prévention et d’aménagement.
Un massif soumis à de fortes pressions
Le mont Kakoulima, qui culmine à 1 100 mètres d’altitude, joue un rôle dans la formation d’un microclimat grâce à sa couverture végétale. Coyah dispose par ailleurs de montagnes, de plaines irriguées et d’une pluviométrie favorable à l’agriculture et aux activités agro-industrielles.
Mais, selon Elhadj Mamoudou Diawara, cet environnement est progressivement fragilisé par la déforestation, l’exploitation incontrôlée des carrières de matériaux de construction, l’urbanisation anarchique et l’altération des roches. La présence de blocs rocheux détachés, d’argile et de kaolin contribue également, d’après le diagnostic présenté, à intensifier l’érosion.
La réduction du couvert végétal favorise le ruissellement, tandis que l’occupation des pentes augmente l’instabilité des terrains. « Ensemble, ces phénomènes accroissent significativement les risques d’éboulement et de glissement de terrain », estime le géologue.
Des cours d’eau au caractère torrentiel
L’urbanisation des flancs du mont Kakoulima, des plaines inondables et du lit des cours d’eau est également mise en cause dans l’aggravation des inondations. Les constructions peuvent entraver les voies naturelles et artificielles d’évacuation, notamment les ruisseaux et les caniveaux.
Les cours d’eau prenant leur source sur la montagne empruntent des failles et présentent, selon l’expert, un caractère torrentiel. Leur énergie hydraulique peut arracher et transporter d’importants volumes de matériaux, accentuant l’érosion en aval. La destruction récente de l’ancien pont situé sur la route nationale est citée comme une illustration de la vulnérabilité des infrastructures.
Le risque de glissement de terrain ne se limiterait pas à Coyah. Il s’étendrait autour du massif et concernerait également des secteurs de Dubréka et de Kouria. Pour mieux anticiper les mouvements de terrain, Elhadj Mamoudou Diawara recommande de croiser l’analyse des images satellitaires et des modèles numériques de terrain avec des observations directes sur le terrain.
Relogement, reboisement et maîtrise des eaux
Parmi les mesures proposées figurent l’identification précise des zones critiques et, lorsque cela est nécessaire, le relogement sécurisé des ménages installés dans les secteurs exposés. Le reboisement des flancs du mont Kakoulima est également présenté comme une action prioritaire pour stabiliser les sols et limiter le ruissellement.
La gestion de l’eau constitue un autre volet central. L’expert préconise de capter et de canaliser les eaux de pluie afin de les stocker dans des bassins aménagés lorsque les conditions techniques le permettent. « La réduction des risques suppose également de capter et de canaliser les eaux de ruissellement pour les stocker dans des bassins aménagés », explique-t-il.
Ces ouvrages pourraient réduire les inondations et soutenir des usages domestiques, agricoles ou industriels. Leur implantation au bas des pentes ou à proximité des cours d’eau devrait toutefois être précédée d’études de faisabilité, de sécurité et d’impact. Ils pourraient aussi constituer des réserves stratégiques pendant les périodes de sécheresse liées aux changements climatiques.
Assainissement et formation
Une gestion durable de Coyah passe, selon Elhadj Mamoudou Diawara, par un meilleur contrôle de l’urbanisation, la restauration de la végétation et une gestion efficace des déchets. Il recommande notamment l’aménagement du site de Baritodé, à défaut d’un Centre d’Enfouissement Technique, ainsi que l’équipement adéquat de la commune.
Il appelle enfin à renforcer les compétences locales. La création d’un centre de formation consacré à la valorisation des minerais, au développement local et au recyclage des déchets permettrait, selon lui, de structurer ces filières et de créer des opportunités pour la jeunesse. Des études de géorisques sont également jugées nécessaires pour mieux prévenir les effondrements, les inondations et les glissements de terrain.
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