Le ministère russe des Affaires étrangères a renouvelé son appel aux diplomates et aux ressortissants étrangers présents à Kiev pour qu’ils quittent la capitale ukrainienne. Dans un communiqué, il a également averti que les forces armées russes poursuivraient leurs « frappes de représailles massives » contre des « cibles militaires à Kiev et dans d’autres villes ukrainiennes ».
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Le ministère a ajouté que « la responsabilité des éventuelles conséquences négatives incombe entièrement à ceux qui ignorent cet avertissement ». Cet appel intervient alors que la capitale ukrainienne est soumise depuis plusieurs semaines à des vagues presque quotidiennes de drones, dont certains drones à réaction décrits comme plus difficiles à intercepter.
Un pont stratégique endommagé
Le pont Nord de Kiev a été touché par des bombardements russes samedi matin, a annoncé Vitaly Klitschko, le maire de la ville, dans un message publié sur Telegram. D’après lui, la chaussée ainsi que les câbles des trolleybus ont été endommagés. La circulation a été interrompue dans le sens reliant la rive gauche à la rive droite du Dniepr.
Le pont Sud avait déjà été atteint à plusieurs reprises par des drones russes jeudi et vendredi. Ces attaques avaient entraîné sa fermeture à la circulation et provoqué d’importants embouteillages dans une agglomération qui compte environ trois millions d’habitants. Kiev dispose de huit structures enjambant le Dniepr.
Les attaques contre ces ouvrages constituent les premières opérations importantes de ce type visant un pont majeur de la capitale depuis le début de l’invasion russe en 2022. Vitaly Klitschko a qualifié la situation de « extrêmement dramatique » et accusé la Russie de « saccager » la ville en visant ses infrastructures et sa logistique.
Les affirmations relatives à l’origine russe des bombardements et des attaques de drones reposent sur les déclarations du ministère russe des Affaires étrangères et du maire de Kiev. Le nombre exact de victimes civiles n’a pas été précisé.
Une intensification des frappes à longue portée
Ces nouveaux épisodes s’inscrivent dans une intensification nette des frappes à longue portée menées par l’Ukraine et la Russie ces derniers mois. Le nombre de victimes civiles est présenté comme croissant. L’Ukraine fait par ailleurs face à un manque de moyens antiaériens, tandis que des stations-services, des centres commerciaux, des centres de données informatiques et des opérateurs téléphoniques ont également été pris pour cibles.
En Russie, des raffineries et des dépôts de pétrole ont été visés. Les entrepôts des groupes Wildberries et Ozon figurent aussi parmi les sites mentionnés. Ces attaques avaient, selon les éléments disponibles, contribué à une crise du carburant durant l’été.
Une cinquantaine d’États avaient auparavant qualifié devant l’Organisation des Nations unies les messages russes visant les diplomates présents à Kiev de menaces. Les chancelleries occidentales qui soutiennent l’Ukraine n’avaient pas suivi le précédent appel russe, lancé en mai.
Les propositions de trêve restent sans accord
Volodymyr Zelensky a multiplié les propositions de trêve concernant les frappes. À la tribune de l’ONU, fin septembre, le président ukrainien avait déclaré que l’hiver pourrait être très rude pour les Ukrainiens, ajoutant qu’ils chercheraient à le rendre pénible pour la Russie également.
Vladimir Poutine a, de son côté, rejeté une proposition de cessation réciproque des frappes contre les raffineries russes et les navires ukrainiens. « On nous dit : “Qu’ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires”. C’est tout simplement ridicule », a-t-il déclaré au forum politique de Valdaï.
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