Une raffinerie d’une capacité prévue de 700 000 barils par jour doit être construite à Lamu, sur la côte kényane de l’océan Indien, par l’entreprise d’Aliko Dangote. La valeur annoncée du projet s’élève à 16 milliards de dollars. Le démarrage des travaux était prévu mercredi, sans qu’une date calendaire plus précise soit indiquée.
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La construction devrait s’étendre sur environ 30 mois. Le projet est présenté par l’homme d’affaires nigérian comme une étape destinée à accroître les capacités de transformation du pétrole sur le continent africain, plutôt qu’à continuer d’exporter principalement des matières premières non raffinées.
Un projet industriel à vocation régionale
Aliko Dangote estime que la raffinerie sera importante pour l’Afrique de l’Est, même si sa capacité reste limitée au regard de la demande future du continent. Il la présente comme un point de départ pour un développement industriel plus large autour du site de Lamu.
Selon lui, d’autres activités pourraient s’implanter à proximité de la raffinerie. Il considère que la transformation locale du pétrole et d’autres matières premières permettrait de conserver davantage de valeur et d’emplois en Afrique, au lieu d’exporter des ressources à faible valeur avant de racheter des produits finis plus coûteux.
Dangote affirme que l’Afrique exporte actuellement près de cinq millions de barils de pétrole par jour, tout en en raffinant une faible quantité. Il estime que cette situation prive le continent d’une partie des emplois et des revenus liés à la transformation industrielle.
Un approvisionnement encore ouvert
L’origine du pétrole brut destiné à la future installation n’est pas entièrement détaillée. Aliko Dangote a toutefois indiqué que la raffinerie pourrait s’approvisionner auprès de plusieurs régions, notamment au Moyen-Orient et aux États-Unis.
Il a également évoqué le potentiel de production du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique, trois pays d’Afrique de l’Est susceptibles d’accroître leur production pétrolière. La disponibilité future de cette ressource dans la région demeure ainsi un élément important du projet.
Le dirigeant a par ailleurs mentionné les menaces de Donald Trump de mettre fin aux exportations de diesel. Cette référence s’inscrit dans son argumentaire en faveur d’une capacité africaine accrue à produire localement les carburants nécessaires à ses marchés.
Des contestations foncières et environnementales
Le projet fait déjà face à une procédure judiciaire portant sur les droits fonciers. Greenpeace et d’autres acteurs contestent également la raffinerie en raison de ses effets potentiels sur l’environnement.
Aliko Dangote a minimisé la portée de ces procédures, affirmant qu’il n’y avait pas de problème particulier avec ce type de recours. Il a aussi accusé certains opposants de ne pas vouloir voir l’Afrique se développer. L’issue de la procédure foncière et des contestations environnementales n’est pas connue.
Une prévision pour 2030
Aliko Dangote prévoit que la majorité des pays africains pourront couvrir leurs besoins en carburants raffinés d’ici 2030. Il défend l’idée que le raffinage doit être réalisé sur le continent, quelle que soit la localisation précise des installations.
Cette échéance constitue une projection du dirigeant et non un résultat établi. Elle traduit néanmoins l’ambition affichée de réduire la dépendance de l’Afrique à l’égard des produits pétroliers transformés à l’extérieur du continent.
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