PLFR 2026 : l’Assemblée nationale fixe ses priorités pour accélérer les investissements
L’Assemblée nationale a formulé, le 7 novembre 2026, une série de recommandations à la suite de l’examen du volet dépenses du PLFR 2026. Elles portent notamment sur l’exécution des investissements,...
L’Assemblée nationale a formulé, samedi 7 novembre 2026, une série de recommandations après l’examen du volet dépenses du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Les propositions visent à améliorer l’exécution des investissements publics, à renforcer la transparence dans la gestion des ressources et à accélérer des projets jugés prioritaires.
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Le Parlement relève notamment que 75 % des départements ministériels présentent un taux de paiement des dépenses d’investissement inférieur à 30 %. Face à ce constat, il demande au Premier ministre de faire procéder à une évaluation approfondie afin de déterminer les responsabilités liées à cette faible exécution. Un dispositif de suivi trimestriel, complété par des rapports semestriels, est également recommandé.
Un suivi renforcé des dépenses publiques
Les députés préconisent aussi de sécuriser et de réserver, dès le vote du budget, les crédits destinés aux dépenses salariales des Établissements publics à caractère administratif (EPA), dont certains sont confrontés à des arriérés de paiement.
Sur le volet de la dette, l’Assemblée nationale demande la finalisation des audits de la dette intérieure couvrant la période 2014-2020, avec la participation de l’Ordre des experts-comptables de Guinée. Le Parlement recommande par ailleurs de respecter les plafonds budgétaires adoptés et d’inscrire des délais impératifs dans les conventions conclues avec les bailleurs de fonds.
Pour limiter les risques de surfacturation, l’Institut national de la statistique (INS) est appelé à actualiser et à élargir la mercuriale des prix. L’AGEROUTE devrait, de son côté, établir un référentiel consacré aux travaux routiers.
Les collectivités et les infrastructures au centre des demandes
Le financement des collectivités locales figure également parmi les priorités. L’Assemblée nationale réclame une procédure spéciale pour l’exécution des fonds de l’ANAFIC ainsi qu’une allocation annuelle minimale de 2 300 milliards de francs guinéens. Elle estime par ailleurs que la part des ressources rétrocédées aux collectivités, présentée à 0,65 %, fait l’objet d’une retenue injustifiée.
Le Parlement recommande d’accélérer le désenclavement rural, avec la construction d’au moins 1 000 kilomètres de pistes en 2027 et 1 400 kilomètres en 2028. Une meilleure coordination entre les ministères est également demandée afin d’éviter les retards liés au déplacement des réseaux publics lors des travaux routiers.
Dans le cadre du Programme Simandou 2040, les députés souhaitent renforcer la maturité des projets avec l’appui de l’Agence de contrôle des grands projets (ACGP), préserver les terres agricoles du corridor Simandou et créer une société nationale de transport public urbain et interurbain. Le rapport préconise aussi l’accélération de la construction des salles de classe et des centres de santé.
Énergie, télécommunications et services essentiels
Le Gouvernement est invité à encadrer progressivement les subventions accordées à Électricité de Guinée (EDG). L’Assemblée nationale recommande également l’électrification intégrale, dès 2027, des localités riveraines des barrages de Kaléta, Souapiti et Amaria.
Pour réduire les risques de rupture de connectivité, le Parlement propose l’investissement dans un second câble sous-marin. Il demande aussi à la Banque centrale (BCRG) de respecter le délai légal de 24 heures pour le traitement des ordres de virement, afin de ne pas ralentir l’activité économique.
Les autres recommandations portent sur l’accessibilité des infrastructures aux personnes en situation de handicap, la redynamisation du Fonds de garantie pour le secteur privé et le décaissement urgent des crédits destinés aux cantines scolaires. Une double liquidation systématique est également préconisée pour sécuriser les recettes des Budgets d’affectation spéciale.
Enfin, le rapport insiste sur la finalisation des infrastructures administratives et judiciaires, la protection des mangroves et le soutien au patrimoine culturel national. Il rappelle que la généralisation du budget-programme est prévue en 2027, sous réserve du respect des préalables légaux.
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