Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, le 31 octobre à Conakry, le volet recettes du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, au cours d’une session extraordinaire.
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D’après le rapport de la Commission des affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, les recettes prévisionnelles du budget de l’État sont désormais établies à 60 064,47 milliards de francs guinéens, contre 55 858,10 milliards GNF dans la loi de finances initiale. Cette révision représente une hausse de 4 206,37 milliards GNF, soit 7,53 %.
Des prévisions macroéconomiques révisées
Le document parlementaire relie cette actualisation aux nouvelles orientations économiques et budgétaires du Gouvernement, notamment à la mise en œuvre du programme Simandou 2040 et à l’évolution de la conjoncture nationale et internationale. Le projet de loi avait été transmis à l’Assemblée nationale le 17 octobre 2026.
Les nouvelles hypothèses retiennent une inflation de 5,2 %, contre 3,5 % dans les prévisions initiales. La croissance est révisée à 8,6 %, contre 9,5 %, tandis que le produit intérieur brut nominal est ramené à 392 503 milliards GNF, contre 401 670 milliards GNF précédemment. La pression fiscale est, pour sa part, projetée à 14,23 % du PIB, contre 12,13 % dans la loi de finances initiale.
Le déficit budgétaire prévisionnel est légèrement réduit, passant de 2,07 % à 2,01 % du PIB. Le rapport mentionne également une provision de 913 milliards GNF destinée à financer la subvention de stabilisation des prix des produits pétroliers, dans un contexte où le prix du carburant à la pompe est maintenu à 12 000 GNF.
Le budget général porté par les recettes fiscales
Les recettes du budget général sont réévaluées à 57 664,90 milliards GNF, contre 53 431,86 milliards GNF initialement, soit une progression de 7,92 %. Les recettes fiscales atteignent 52 795,68 milliards GNF, contre 48 709,96 milliards GNF, en hausse de 8,39 %.
La commission associe principalement cette évolution aux impôts sur les biens et services, dont la progression est chiffrée à 5 248,55 milliards GNF, ainsi qu’aux autres recettes fiscales, en hausse de 785,79 milliards GNF. Certaines composantes reculent toutefois, notamment les recettes issues du commerce extérieur, des impôts sur les revenus, bénéfices et gains en capital, ainsi que celles provenant des impôts sur les salaires et la main-d’œuvre.
Les recettes des budgets d’affectation spéciale sont, à l’inverse, estimées à 2 399,57 milliards GNF, contre 2 426,24 milliards GNF dans les prévisions initiales. Cette baisse de 26,67 milliards GNF correspond à une diminution de 1,10 %. Le Fonds national de développement local est notamment révisé à 1 114,44 milliards GNF, tandis que les ressources du FODECCON sont annoncées en progression à 698,63 milliards GNF.
Appel à renforcer la mobilisation des ressources
La commission parlementaire recommande d’élargir l’assiette fiscale, de formaliser progressivement les entreprises du secteur informel, de digitaliser les procédures et de renforcer les contrôles. Les régies financières sont également invitées à améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Les députés demandent par ailleurs l’application effective des taxes sur les jeux de hasard. Le rapport rappelle que la loi de finances initiale 2025 prévoit une taxe de 15 % sur le produit brut des jeux et un prélèvement de 7 % sur les gains supérieurs à un million de francs guinéens. La commission rapporte, au conditionnel, que l’Autorité de régulation des jeux et pratiques assimilées aurait demandé à certains opérateurs de ne pas s’acquitter de taxes instituées par cette loi.
Enfin, le rapport alerte sur le poids des dépenses fiscales. Celles-ci ont été évaluées à 11 793 milliards GNF pour les dépenses douanières en 2025 et à 3 873 milliards GNF pour les mesures relevant de la Direction générale des impôts durant les neuf premiers mois de 2026. Le manque à gagner total pour les finances publiques dépasserait 15 666 milliards GNF, soit environ 4 % du PIB, selon l’estimation présentée à la commission. Les parlementaires préconisent une évaluation régulière des exonérations et régimes dérogatoires ainsi qu’un renforcement des mécanismes de contrôle.
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