Le développement de l’économie numérique africaine ne dépend pas uniquement des applications utilisées par les clients. Il repose aussi sur un ensemble d’infrastructures physiques et financières capables de soutenir les opérations au quotidien.
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Cette question a été au centre du panel intitulé « Beyond the App: Building the Infrastructure Behind Africa’s Everyday Economy », organisé dans le cadre de Moonshot by TechCabal 2026. La discussion a porté sur les secteurs de la mobilité, de la livraison et de la mobilité électrique, ainsi que sur les conditions nécessaires à leur croissance.
Au-delà de l’application
Sanusi Adedamola, directeur des opérations de Fez Delivery, a résumé l’enjeu en déclarant : « The app is just the front-end », autrement dit, l’application n’est que la partie visible du service.
Pour les entreprises de transport et de livraison, le fonctionnement réel dépend notamment de la disponibilité des véhicules, de systèmes capables de localiser les clients et d’un modèle économique adapté à chaque marché. Ces éléments déterminent la capacité d’une plateforme à fournir un service régulier une fois le produit numérique mis entre les mains des utilisateurs.
Les échanges ont également mis en évidence plusieurs contraintes structurelles. L’alimentation électrique irrégulière, la connectivité inégale, la fragmentation des chaînes logistiques et l’absence de systèmes de paiement transfrontaliers suffisamment connectés peuvent accroître les coûts d’exploitation, réduire la fiabilité des services et rendre l’expansion plus complexe.
Le Nigeria, y compris Lagos, a été présenté comme un exemple de cette difficulté. Malgré le rôle de la ville comme principal centre commercial et technologique du pays, les entreprises numériques peuvent encore y être confrontées à une couverture internet inégale.
Les données au service du financement
La question du financement des véhicules a aussi occupé une place importante dans les échanges. Chinwe Adighiogu, vice-présidente ou vice-présidente senior chargée des produits chez MAX, a expliqué que les informations relatives à l’activité des conducteurs, à leurs revenus quotidiens, aux frais d’entretien et à l’utilisation des batteries peuvent aider à déterminer si le financement d’un véhicule est supportable.
Ces données opérationnelles peuvent également permettre aux prêteurs d’évaluer des emprunteurs qui ne disposent pas d’un historique bancaire classique. Dans ce type de modèle, la capacité de remboursement peut être appréciée à partir de l’activité réelle du véhicule et des revenus générés.
Le besoin d’infrastructures dépasse toutefois la seule mobilité. Des recherches de la Banque mondiale publiées en 2024 dans The World Bank Economic Review ont conclu que les investissements dans les routes et l’électricité stimulent l’activité des secteurs manufacturier et des services en Afrique.
Mutualiser les équipements et les coûts
Le panel a enfin posé la question du choix entre des infrastructures développées séparément par chaque entreprise et des équipements partagés. La cartographie des rues et des quartiers peut être coûteuse, alors que les données produites peuvent servir à plusieurs opérateurs.
La même logique pourrait s’appliquer aux réseaux de recharge et d’échange de batteries pour les véhicules électriques. Des dispositifs communs permettraient aux opérateurs d’éviter la construction de systèmes isolés et de limiter la duplication des investissements.
Les discussions ont ainsi replacé les applications dans un écosystème plus large, où transport, énergie, données, financement, logistique et paiements conditionnent la capacité des entreprises numériques à fonctionner de manière fiable et à s’étendre sur les marchés africains.
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