La gestion des revenus attendus du projet Simandou devra aller de pair avec la stabilité monétaire et la diversification de l’économie guinéenne. C’est l’un des principaux messages portés par le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, lors de la deuxième journée du UK–Francophone West & Central Africa Forum (WCAF V).
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Cette journée était consacrée au dialogue économique, au commerce, à l’investissement et au financement du développement entre le Royaume-Uni et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans ce cadre, le gouverneur a exposé les enjeux associés à Simandou, à l’évolution des prix, aux réserves de change et à la modernisation du système financier.
Des revenus miniers appelés à progresser
D’après les projections présentées par Karamo Kaba, les recettes que l’État pourrait tirer de Simandou atteindraient environ 350 millions de dollars en 2026. Elles pourraient ensuite progresser jusqu’à 1,5 milliard de dollars par an, avant d’approcher 2,5 milliards de dollars annuels à l’horizon 2040.
À titre de comparaison, les projets miniers actuellement en activité rapporteraient environ 500 millions de dollars à l’État guinéen, selon les chiffres avancés par le gouverneur. Pour lui, l’enjeu consiste à orienter une part accrue des ressources minières vers d’autres secteurs productifs, afin de réduire la dépendance à l’activité extractive et de soutenir la diversification économique.
La stabilité des prix au centre des arbitrages
Karamo Kaba a également alerté sur le risque qu’un afflux important de liquidités accentue les tensions inflationnistes si des mécanismes de régulation adaptés ne sont pas mobilisés. La BCRG a maintenu son taux directeur à 9,50 % et s’est réservé la possibilité de recourir à des opérations de stérilisation monétaire si de nouvelles liquidités exerçaient une pression supplémentaire sur les prix.
Les données présentées par le gouverneur font état d’une hausse de l’inflation globale, passée de 3 % à 6 %, tandis que l’inflation sous-jacente se situerait autour de 1 %. Il a attribué les principales pressions à des facteurs extérieurs, notamment les tensions géopolitiques, le coût de l’énergie et des produits alimentaires ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales.
Dans ce contexte, une hausse systématique des taux directeurs ne serait pas nécessairement la réponse la mieux adaptée lorsque les tensions proviennent principalement de l’environnement extérieur, a estimé le gouverneur.
Des réserves de change renforcées
La présentation a aussi porté sur la position extérieure de la Guinée. Les réserves de change seraient passées de 1,5 milliard à 4,5 milliards de dollars en l’espace d’un an, un niveau correspondant à environ cinq mois d’importations de biens et de services, selon les chiffres communiqués lors de l’intervention.
Pour la BCRG, cette solidité des réserves et la stabilité du franc guinéen constituent des facteurs importants pour la confiance des investisseurs étrangers, notamment ceux qui souhaitent rapatrier les revenus de leurs placements. Le gouverneur a par ailleurs insisté sur le respect de l’instruction visant le rapatriement de 50 % des recettes d’exportation, afin de consolider les ressources en devises et la position extérieure du pays.
Moderniser le financement de l’économie
La diversification ne concerne pas uniquement les secteurs d’activité. Elle doit également toucher les sources de financement. Karamo Kaba a relevé que les crédits destinés à l’agriculture ne représenteraient qu’environ 3 % de l’ensemble des crédits, soulignant la nécessité d’un meilleur accès des activités productives aux ressources financières.
Le développement des marchés de titres figure parmi les réformes évoquées pour permettre aux entreprises de diversifier leurs financements et d’accéder aux marchés financiers sans dépendre exclusivement du système bancaire traditionnel. Nimba Pay a également été présenté comme un outil destiné à faciliter les échanges et à prévenir les pénuries de liquidités observées par le passé.
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