À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, Anta Cheick Condé revient sur les grandes étapes de l’histoire monétaire du pays. Responsable de la jeunesse et chargé des questions universitaires et scolaires du PDG-RDA, il défend le maintien d’une souveraineté monétaire guinéenne et se dit opposé, dans les conditions actuelles, à une éventuelle adoption de la monnaie commune « eco ».
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Pour lui, la date du 2 octobre 1958 demeure le point de départ d’une volonté nationale de maîtriser les instruments de la vie économique. « Le 2 octobre 1958 reste une date fondatrice : la Guinée décidait de prendre son destin en main », affirme-t-il.
Le franc guinéen, symbole de l’indépendance
Le franc guinéen a été créé le 1ᵉʳ mars 1960, quelques mois après l’accession du pays à l’indépendance. Anta Cheick Condé considère cette décision comme une traduction concrète de l’émancipation politique de la Guinée. La monnaie nationale, explique-t-il, ne représentait pas seulement un instrument d’échange, mais aussi une affirmation de la capacité du pays à conduire ses propres choix économiques.
Les premières coupures comprenaient notamment des billets de 100, 500, 1 000, 5 000 et 10 000 francs. Elles portaient au recto l’effigie d’Ahmed Sékou Touré, tandis que le verso faisait apparaître des motifs liés aux réalités économiques et culturelles de la Guinée. « Elle représentait la souveraineté retrouvée », résume Anta Cheick Condé à propos de cette monnaie.
Une trajectoire monétaire marquée par plusieurs changements
Dans son rappel historique, le responsable du PDG-RDA précise que la Guinée n’a pas rejoint la zone CFA dans les années 1960. Elle a, selon lui, remplacé l’usage du franc CFA par le franc guinéen à compter du 1ᵉʳ mars 1960. Il distingue toutefois l’appartenance à une zone monétaire de l’utilisation éventuelle du franc CFA dans les échanges avec les pays voisins.
L’histoire de la monnaie nationale a ensuite connu deux étapes majeures : le passage au syli en 1972, puis le retour au franc guinéen entre 1985 et 1986. Anta Cheick Condé rappelle également que l’échange initial entre le franc guinéen et le franc CFA s’était effectué à parité, à raison d’un franc guinéen pour un franc CFA.
Les usages monétaires ont par ailleurs évolué avec l’apparition des transferts par téléphone et des paiements numériques. Ces nouveaux moyens se sont ajoutés à la circulation des billets et des pièces, élargissant les modes d’utilisation de la monnaie en Guinée.
Des réserves sur l’eco
Interrogé sur une possible adoption de l’eco, Anta Cheick Condé rappelle que cette monnaie demeure un projet de monnaie commune et qu’elle n’a pas été adoptée par la Guinée en 2026. Sa position est nette : « J’y suis défavorable dans les conditions actuelles. » Cette prise de position relève de son analyse personnelle et ne constitue pas une décision officielle de l’État guinéen.
Pour consolider la monnaie nationale, il plaide d’abord pour un renforcement des fondamentaux économiques. « Notre priorité doit être de rendre le franc guinéen plus stable et plus crédible : maîtriser l’inflation, préserver le pouvoir d’achat, renforcer la production nationale et gérer les finances publiques avec discipline », souligne-t-il.
À ses yeux, la souveraineté monétaire ne peut être durable que si elle repose sur une économie capable de soutenir sa monnaie et sur des institutions aptes à en préserver la valeur.
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