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Ratoma : des centaines de maisons marquées le long du marigot de Kakimbo, les habitants réclament des garanties

Plusieurs bâtiments bordants le marigot de Kakimbo, commune de Ratoma, sont cochés par la Direction nationale de l’aménagement du territoire et de l’u...

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Admin User

Sep 03, 2026 at 18:46

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Ratoma : des centaines de maisons marquées le long du marigot de Kakimbo, les habitants réclament des garanties

RATOMA — Plusieurs habitations situées le long du marigot de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, ont été marquées par des agents de la Direction nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (DATU), faisant craindre une vaste opération de déguerpissement.

Selon plusieurs habitants rencontrés sur place, les marquages ont été effectués sans véritable préavis ni explication détaillée sur la suite de la procédure.

Cette opération intervient dans un contexte marqué par le durcissement du ton des autorités contre les constructions anarchiques et les bâtiments érigés dans des zones considérées comme dangereuses. Quelques jours plus tôt, l’effondrement d’un immeuble R+9 à Démoudoula, dans la même commune de Ratoma, avait fait plusieurs morts et blessés, relançant les inquiétudes autour du respect des normes de construction et de l’occupation des zones à risque.

Depuis environ deux semaines, des agents de la DATU ont ainsi procédé au marquage de nombreuses maisons installées sur les rives du marigot de Kakimbo.

Parmi les personnes concernées, M’Mah Cobily Keita affirme ne pas avoir été informée à l’avance de l’opération. Elle craint désormais de perdre son logement sans solution de relogement.

« Nous les avons vus seulement cocher les maisons, sans nous prévenir. Toute maison cochée risque d’être déguerpie et nous n’avons nulle part où aller. Trouver une maison en location à Conakry est aujourd’hui très difficile », explique-t-elle.

Elle demande au moins une indemnisation en cas de démolition de son habitation, rappelant également sa situation personnelle et les difficultés que provoquerait un déplacement soudain.

Amadou Tidiane Diallo, qui gère une concession appartenant à son frère, affirme de son côté que certaines familles vivent dans le quartier depuis plusieurs décennies.

« Cela fait pratiquement 22 ans que je suis ici. D’autres sont installés depuis 30 ans. Nous avons également certains documents délivrés par le ministère de l’Habitat », soutient-il.

Pour lui, les constructions réalisées dans cette zone représentent parfois le résultat de plusieurs années de travail et d’économies.

Il estime également que les autorités locales ne peuvent pas totalement ignorer l’existence de ces habitations, plusieurs ayant été construites au vu et au su des responsables du quartier et des services chargés de l’habitat.

La perspective d’un déguerpissement a déjà poussé certaines familles à quitter les lieux. Plusieurs maisons auraient été vidées de leurs occupants, créant une nouvelle inquiétude autour de la sécurité du quartier.

Des habitants affirment que certaines concessions abandonnées commencent à être occupées ou fréquentées par des personnes étrangères au secteur, alimentant un sentiment d’insécurité parmi les familles qui sont encore sur place.

La situation reste néanmoins complexe. Sur les rives du marigot, certaines constructions sont particulièrement exposées. L’eau passe à proximité immédiate de plusieurs fondations et des traces d’inondation sont encore visibles dans certaines maisons.

Amadou Tidiane Diallo reconnaît lui-même les risques liés à la proximité du cours d’eau.

Il affirme toutefois que les habitants avaient déjà alerté les autorités sur la nécessité de draguer le marigot afin de réduire les inondations. Selon lui, la situation se serait aggravée après la construction du pont de Kakimbo, avec des niveaux d’eau pouvant atteindre jusqu’à deux mètres dans certaines habitations pendant les fortes pluies.

Les riverains demandent donc aux autorités de concilier les impératifs de sécurité avec la situation sociale des familles installées dans la zone depuis plusieurs années.

Ils souhaitent notamment être informés clairement du calendrier des éventuelles démolitions, des critères utilisés pour déterminer les bâtiments concernés et des mesures prévues pour accompagner les personnes qui pourraient perdre leur logement.

Selon des informations recueillies sur place, une opération de démolition aurait initialement été envisagée la semaine dernière. Elle aurait toutefois été retardée, les engins mobilisés étant utilisés sur le site de l’éboulement de Dar-es-Salam.

Pour le moment, l’incertitude demeure donc autour du sort des habitations marquées.

Entre nécessité de sécuriser les zones à risque et inquiétude de familles qui craignent de perdre le fruit de plusieurs années d’investissement, le dossier du marigot de Kakimbo pose une nouvelle fois la question de l’urbanisation de Conakry, du contrôle des constructions et de l’accompagnement des populations concernées par les opérations de déguerpissement.

Tags: Guinée News

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