Kolaboui (Boké) : elle meurt après un avortement clandestin
En Guinée, particulièrement en zones rurales, nombreuses filles contractent des grossesses hors mariage. Par peur d’être rejetées par leurs familles,...
En Guinée, particulièrement en zones rurales, nombreuses filles contractent des grossesses hors mariage. Par peur d’être rejetées par leurs familles, elles optent pour un avortement clandestin. Bien d’entre elles y laissent leur vie, comme Adama Kalissa, 19 ans.
Le 19 septembre, dans la sous-préfecture de Kolaboui, préfecture de Boké, une jeune fille a trouvé la mort à la suite d’un avortement et dans des circonstances non élucidées. La victime, Adama Kalissa, 19 ans, Mama Adama pour les intimes, venait d’arriver à Kalaboui, pour les grandes vacances. Elle y a entretenu une relation amoureuse avec un distributeur d’images Canal +, opérant dans la zone. Après l’avoir enceintée, il l’a ensuite orientée vers une clinique privée où elle aurait envisagé un avortement. Adama aurait décidé de se cacher de ses parents, pour suivre les conseils de son petit-ami.
Selon la mère de la victime, sa fille l’a informée la veille de son décès de sa maladie. Elle lui a proposé de l’accompagner à l’hôpital, mais Adama Kalissa a attendu qu’elle soit absente de la maison pour se rendre dans la « clinique » en compagnie du jeune distributeur d’images.
« Avant de sortir le matin, Adama m’a dit qu’elle ne se sentait pas bien. Je lui ai dit : allons à l’hôpital. Mais elle m’a dit de partir, qu’elle attendra sa copine pour l’accompagner, faire une consultation. Je sors en la laissant assise à la terrasse. À mon retour, je demande après elle. On me dit qu’elle est partie sur la moto avec notre distributeur d’images. Je reste dans cette attente jusque tard dans la soirée. Au crépuscule, l’agent distributeur qui l’a accompagnée à l’hôpital revient nous informer que Mama Adama est décédée et que son corps est à la clinique de Dr. Lamah », a expliqué la mère à Kolaboui.info.
Bouleversée, la maman a demandé aux jeunes de Kolaboui à immobiliser l’agent distributeur d’images, en attendant de vérifier l’information. « J’arrive avec beaucoup de jeunes à la clinique. On demande après Adama, une infirmière dément l’information. Mais les jeunes l’effrayent jusqu’à ce qu’elle nous montre où était couchée ma fille, qui était bien morte à la suite d’un avortement », renchérit-elle sans s’identifier.
Les autorités locales ont été saisies. L’agent distributeur d’images Canal + et le médecin qui avait reçu Adama Kalissa ont été arrêtés, pour des fins d’enquête. Aux dernières nouvelles, le corps de la jeune fille a été transféré à l’hôpital de Kamsar, pour une autopsie.
Kadiatou Diallo
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