Conakry : le Ministère de la Santé relance la lutte contre les structures sanitaires clandestines
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a mis en exécution son communiqué relatif à la relance des activités du Comité technique national de...
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a mis en exécution son communiqué relatif à la relance des activités du Comité technique national de lutte contre les pratiques médicales et paramédicales illégales, le trafic et la contrefaçon des médicaments ainsi que d’autres produits de santé. L’opération, démarrée hier, s’est poursuivie ce mercredi 29 juillet 2026, dans les communes de Gbessia et de Matoto. Selon les responsables de l’Inspection générale de la santé, elle consiste à identifier et à fermer toutes les structures médicales, paramédicales et pharmaceutiques illégales ou non conformes dans les zones d’intervention actuellement ciblées, a appris sur place notre rédaction à travers un de ses reporters.
Tôt ce mercredi matin, des équipes pluridisciplinaires et multisectorielles, accompagnées d’une unité de la gendarmerie, ont effectué une tournée dans plusieurs structures sanitaires privées. La visite a débuté au Centre de santé national baptiste de Bonfi, dans la commune de Matam. Les équipes se sont ensuite rendues dans plusieurs pharmacies le long de l’autoroute, notamment à la pharmacie de Sanoyah et à la pharmacie Raoul, au rond-point de Kissosso. Cette opération vise à contrôler et à vérifier la conformité des structures sanitaires privées aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
Le capitaine Dr Aly Badara Camara, inspecteur général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a expliqué que cette décision fait suite à de nombreuses plaintes de citoyens victimes de prises en charge non conformes dans des établissements ne répondant pas aux normes requises. « La décision de mener l’intervention d’identification et de fermeture des structures médicales, paramédicales et pharmaceutiques illégales est une décision qui est basée sur des constats qui ont été faits à partir de plaintes qui remontent au Ministère de la Santé de citoyens, victimes parfois d’abus dans le cadre des soins qui sont administrés à leur niveau, qui entrent dans des endroits sans savoir le caractère illégal de ces endroits, sans comprendre, parce qu’ils ne sont pas professionnels, que les conditions ne sont pas réunies pour leur apporter de meilleurs soins », a-t-il déclaré.
Après une phase d’évaluation et de mise en conformité engagée en 2025, plusieurs structures ont été inspectées. Celles qui ne répondaient pas aux normes ont été fermées. Selon le capitaine Dr Aly Badara Camara, inspecteur général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, cette relance intervient après des ajustements techniques et fonctionnels visant à renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain.
« La mission, depuis l’année 2025, avait été déployée, des structures ont été visitées, celles qui méritaient d’être fermées ont été fermées et celles qui devaient se mettre en conformité sont entrées dans un processus de travaux permettant de mettre les structures au niveau requis. La relance dont il est question aujourd’hui, c’est suite à la prise de fonction de madame la ministre et à quelques ajustements techniques et fonctionnels au niveau du comité pour voir comment mieux agir sur le terrain, mieux améliorer nos interventions. Donc, quand tous ces points ont été bien ajustés, la relance a été annoncée afin que ce qui se faisait puisse se poursuivre mais de la plus belle et de la meilleure des manières. »
À Gbessia, une structure sanitaire a été découverte en train d’exercer sans autorisation, dans des locaux non conformes et en dehors du cadre prévu par son arrêté de création. Selon l’inspecteur général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, les responsables de cette clinique proposeraient des services non autorisés, notamment des activités de laboratoire et de radiographie, réalisées dans des conditions qui ne respectent pas les normes de sécurité en vigueur.
« Nous sommes en face d’une structure qui dispose d’un arrêté de création, c’est-à-dire d’une autorisation de création, mais qui ne possède pas d’autorisation d’exploitation. Le constat est d’ailleurs que cette structure s’est implantée dans un lieu qui ne correspond pas à celui prévu par l’arrêté de création. Elle a commencé à exploiter la structure sans y être autorisée et, dans le cadre de ses activités, elle développe des prestations inappropriées. Elle réalise notamment des activités de laboratoire qui ne figurent pas dans son paquet d’activités autorisé. Elle effectue également des examens de radiographie dans un environnement qui ne répond pas aux normes de sécurité. Or, dans des conditions normales, des dispositifs de protection adaptés doivent être mis en place afin de prévenir l’exposition aux rayons X et de protéger le personnel contre les risques de maladies liées à une exposition prolongée. Une telle structure est donc tout simplement considérée comme une structure illégale », a-t-il laissé entendre.
Pour empêcher la réouverture des structures sanitaires qui ont fait l’objet d’une décision de fermeture, le Dr Aly Badara Camara, inspecteur général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, appelle les responsables territoriaux à renforcer leur vigilance. Dr Aly Badara Camara leur demande de veiller au strict respect des décisions administratives et de s’assurer qu’aucune réouverture ne soit faite sans l’autorisation officielle du ministère de la Santé. « Des structures qui prennent la décision de rouvrir après une fermeture, en matière de droit, on appelle ça le bris de scellé. Lorsque l’État prend la décision de mettre un arrêt à vos activités et qu’un huissier prend acte, qu’on mette des mentions indiquant que cet endroit ne doit pas être fermé et ne doit pas être ouvert plus tôt, un scellé, retiré par un citoyen, c’est une infraction. Hier, nous avons constaté des cas et ces cas ont fait l’objet d’interpellations. Les responsables territoriaux, les chefs de quartier, les chefs de secteur, ainsi que tous les autres responsables concernés, ont un rôle essentiel à jouer. Lorsqu’une structure est frappée d’une mesure de fermeture par l’État, en tant que responsable territorial, vous devez veiller à ce que cette structure ne rouvre pas. Si elle est amenée à rouvrir, elle doit impérativement vous présenter un document attestant d’une autorisation délivrée par le ministère de la Santé. »
Selon l’inspecteur général du ministère de la santé et de l’hygiène publique, en 2025, ce sont 239 structures qui ont fait l’objet de visites dans la zone de Conakry, dont 127 se trouvaient en situation irrégulière. Elles ont été finalement fermées.
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