Burkina Faso : le prix du gasoil passe de 675 à 750 francs CFA à partir de ce lundi
Les burkinabè vont débourser 75 francs CFA de plus à partir de ce lundi, 10 août 2026, pour se procurer un litre de gasoil dans les stations-services....
Les burkinabè vont débourser 75 francs CFA de plus à partir de ce lundi, 10 août 2026, pour se procurer un litre de gasoil dans les stations-services. Cette légère augmentation, qui fait passer le litre de gasoil de 675 à 750 francs CFA, a été annoncée dimanche soir par le gouvernement. La hausse des cours du pétrole sur le marché international, l’augmentation des coûts de transport et la revalorisation du dollar face au franc CFA sont entre autres raisons invoquées par les autorités pour justifier cette décision.
Sur le plateau de la RTB, le secrétaire général de la Primature et président du comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, Abdou-Salam Gampéné, s’est attelé à un exercice méthode pour évoquer les motivations ayant conduit à cette hausse du prix du gasoil.
« Ça fait déjà quatre ans que le prix du gasoil est resté bloqué à 675 francs, malgré toutes les fluctuations que le marché international a connues. Et si le prix est resté fixé à 675 francs, c’est parce que les plus hautes autorités de notre pays (…) ont privilégié une stabilité, une politique de stabilité des prix à travers un mécanisme de subvention. Et si aujourd’hui, il est question de revoir ce prix à la hausse, c’est parce que certaines réalités qui ne dépendent pas de nous, qui ne dépendent pas de notre pays, mettent à rude épreuve la soutenabilité financière de cette politique et surtout compromettent dangereusement la stabilité de notre pays en termes d’approvisionnement d’hydrocarbures », a-t-il déclaré.
Pour étayer ses propos, Abdou-Salam Gampéné cite notamment les conséquences des crises au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers. Selon lui, tout au long de l’année 2026, les tensions géopolitiques ont contribué à une hausse du cours du brut, mais également des coûts de transaction et de fret terrestre et maritime. À cela s’est ajoutée l’évolution du taux de change du dollar par rapport au franc CFA, avec des répercussions directes sur le coût d’importation des hydrocarbures.
Dans ces conditions, explique-t-il, le prix réel du gasoil aurait atteint, à certains moments, environ 1 050 francs CFA le litre, alors qu’il était vendu à 675 francs CFA à la pompe. Cette différence était alors prise en charge par l’État à travers les subventions.
Selon les chiffres communiqués par le secrétaire général de la Primature, les moins-values enregistrées sur le gasoil au titre des subventions s’élevaient déjà à environ 60 milliards de francs CFA en l’espace de six mois. Sans intervention, cette facture pourrait atteindre, voire dépasser, 135 milliards de francs CFA d’ici à la fin de l’année, uniquement pour le gasoil.
Le gouvernement burkinabè avance également un autre argument : le niveau relativement faible du prix du gasoil au Burkina Faso par rapport à plusieurs pays de la sous-région. Abdou-Salam Gampéné affirme que, dans plusieurs pays voisins, le litre de gasoil est vendu plus cher qu’au Burkina Faso. Cette différence de prix encouragerait certains transporteurs étrangers à venir s’approvisionner au Burkina Faso avant de repartir avec des réserves.
« La conséquence est qu’il y a une sorte de surconsommation sur le gasoil du Burkina Faso… C’est comme si notre pays subventionnait les pays voisins dans lesquels le gasoil coûte plus cher, subventionnait les transporteurs de ces pays voisins à hauteur de 70 milliards », a-t-il dit.
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